Yo no soy David Wozniak !

Une de mes grandes joies dans ma vie de VRP, c’est de prendre l’avion.

Je déteste l’avion. Et oui, je le prends TRES SOUVENT, et non, ça change rien. A part me dire que statistiquement, j’augmente les chances à chaque vol de voir ma prophétie se réaliser. (Et je parle pas de mon empreinte carbone.) Chaque fois qu’un coucou décolle avec moi dedans, je suis persuadée que je vais y passer, d’une manière atroce (il paraît que c’est une fin atroce, de mourir dans un accident d’avion). Je vois défiler ma vie au moindre tremblement de la carlingue, je serre les fesses au décollage, je broie les accoudoirs à l’atterrissage en regardant par le hublot le sol qui se rapproche à toute vitesse, bref, c’est l’enfer. Je pense à mes enfants, au fait que j’ai pas décidé si je voulais être enterrée ou incinérée, avant de me souvenir que si jamais sa mère la pute l’avion s »écrase, je serais dispersée façon puzzle dans les airs, et que cela réglera UN PEU la question. Très souvent, je détaille l’intérieur de la cabine, à la recherche d’un défaut, d’une couille dans le ventilo. Je suis malade, je sais.

Alors autant vous dire que lors des vols long courrier, c’est la galère. Deux pratiques d’évitement que je déploie. 1. Je picole (oui je sais, y’a pas qu’en avion que je picole). Comme je voyage chez les riches, on te propose du champ dès l’arrivée dans l’appareil. A jeun et à 10 heures du matin, c’est parfait, ça te détend bien, la petite coupette. Avec un peu de chance, je somnole au décollage, comme une vieille pocharde. 2. Je mate un max de films pendant le vol, puisque généralement je ne ferme pas l’oeil (oui je veux mourir éveillée). J’alterne un film qui m’intéresse et un film que je juge pénible, avec le secret espoir de m’endormir dessus (là au retour je me suis endormie 30 minutes devant « Adieu Berthe »). Las, même si cette technique est assez efficace, à la moindre turbulence, je suis réveillée à 200%.

Lors de mon dernier voyage vers la Guyane, j’ai découvert une petite merveille, que je voulais recommander ici, CHAUDEMENT. Ca s’appelle ‘ »Starbuck« , et c’est le film le plus touchant que j’ai vu depuis des mois. Voire des années. J’ai ri, beaucoup, j’ai pleuré, beaucoup aussi (je suis bon public, mais là j’ai beaucoup pleuré). J’ai à la base une grande tendresse pour le cinéma québécois, que je trouve souvent très frais, réaliste et poétique à la fois, et surtout très décalé et plein d’auto-dérision. J’aimerais être un film québécois.

« Starbuck » c’est l’histoire de David Wozniak, vieux trentenaire / jeune quadra, paumé et éternel indécis, qui apprend que des dons de sperme faits pendant sa jeunesse ont engendré la naissance de 533 enfants, dont 142 souhaitent le connaître. C’est un pitch un poil surréaliste, je vous l’accorde, mais le résultat est incroyable, un vrai petit bijou d’humanisme.

La bande annonce.

C’est ça le charme particulier d’avoir des gosses et d’être privée de sorties cinés régulières, tu t’émerveilles sur des trucs 6 / 12 mois après tout le monde … En tous cas, si vous avez besoin de vous remonter le moral, de rire et pleurer, de trouver que les gens sont bons, « Starbuck » est pour vous, un feel good movie intelligent et sensible, et avec cet accent qui me fait grave craquer.

(La critique de Télérama.)

3 réponses sur “Yo no soy David Wozniak !”

  1. C’est drole, y’a quelques jours j’y pensais justement (certainemement suite à l’un de tes instagrams guyanais). Je me disais que tu devais être rodée à force de voler tout le temps, et je me suis imaginé à ta place en train de me chier dessus à chaque vol. Finalement bon, je suis pas la seule flipette 🙂

  2. Je partage ta phobie. Et je prend également l’avion assez souvent. Tellement souvent que la plupart des taxis basés à l’aéroport connaissent mon adresse. Je me faisais la réflexion il y a peu, et je trouvais pathétique de devoir expliquer pendant deux plombes où j’habitais à mes parents, alors qu’en rentrant dans la voiture, le chauffeur me balançait mon adresse à la figure…. Comme toi donc je tremble comme une feuille au décollage et à l’atterrissage, mais par contre je dors. Je dors mais à chaque secousse je m’eveille en sursaut laissant un doute quand à la solidité de mon cœur. Bref on peut être assis en business sur un A380 et regretter amèrement une bonne vieille rame de métro bien puante.

  3. J’ai regardé Starbuck après votre tweet où vous disiez avoir pleuré et rit en même temps. De fait, c’est excellent, à la fois drôle et touchant, sans jamais se moquer de ses personnages. Yo no soy David Wozniak et c’est bien dommage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.