Les apparences

« Les apparences » est le titre d’un thriller que je n’ai pas lu (ahahahaha, ça démarre bien mon affaire), mais vu l’adaptation cinématographique, « Gone girl » (attention, allergiques aux spoilers passez votre chemin, je ne pourrais pas écrire cette note sans donner des éléments révélateurs de l’intrigue). Dans la mesure où la parentalité me prive largement de la fréquentation des salles obscures, j’avoue être devenue un poil plus exigeante sur la qualité des films que je vois (surtout quand je paie plus de 10 euros, accessoirement). Celui-ci avait l’objet d’un battage significatif, notamment sur la thématique, quelque peu douteuse, du sexisme latent qui aurait habité le film. Thriller (qui plus est d’un scénariste dont j’avais apprécié les précédents films) + questions sexistes, autant dire que je me suis précipitée.

Quelle ne fut pas ma déception … L’intrigue est somme toute, tout à fait classique, voire cousue de fil de blanc.

Le pitch : dans une petite bourgade américaine tranquille, un soupçon de meurtre pèse. Une jeune épouse (modèle) a disparu, et son époux (oisif, perdu et vaguement alcoolo) est dans le collimateur de la presse à sensations. Mais – méga surprise – le psychopathe n’est pas celui que la vindicte populaire veut mettre au bout d’une pique. A mi chemin du film, un ENHAURME retournement permet au héros (et donc victime de sa femme névrosée et clairement très allumée) – Ben Affleck, aussi expressif qu’un veau sous tranxene – de tourner la situation à son avantage. Comme quoi même le gars le plus impavide de la galaxie peut arriver à bout des hystéries et machiavélismes des femmes. CQFD (ce film m’a bien bien vénère, comme disent les jeunes).

Malgré le côté grand guignolesque du film, qui m’a bien gonflée, la réflexion (qui paraît il est bien mieux développée dans le roman) sur les apparences m’a parlée. Je comprends bien cette dichotomie que l’on peut vivre parfois entre ce que l’on laisse transparaître, afficher de soi, et ce qui sourd effectivement sous la surface. De mon éducation, j’ai reçu cette injonction (plus ou moins) implicite de toujours veiller à « sauver les apparences » : on ne laisse pas transparaître ses difficultés, on lave son linge sale en famille, car « les gens » n’ont pas à savoir, à connaître le dessous des cartes. Chez moi (entendre dans mon environnement familial), cela est considéré comme de la politesse, et non de la dissimulation. Pourtant, parfois la tentation est grande de fendiller l’armure des apparences, et mettre ses tripes à l’air, façon « Festen » (c’est une image hein, ma famille n’a pas grand point commun avec celle du film de Vinterberg). En fait, j’ai assez mal assimilé la leçon, et je suis assez friande de ces instants de vérité, où tombent les masques et on se retrouve tous nus avec nos vérités crues.

A cet égard, il y a une photo de moi que j’aime beaucoup, prise par la chérie d’un ami (coucou toi) lors de notre séjour californien de cet été 2014. Elle illustre bien cette affaire des apparences. Sur cette photo, en apparence, j’ai l’air seule et paisible, assise sur cette plage déserte de Malibu, regardant l’horizon infini de l’océan. Zen. Au frais. Décontractée du gland.

Non ?

apparences

Non.

En fait, la plage est pleine de monde, et notamment d’enfants, dont les nôtres, qui requièrent toute notre attention parentale (vent, houle, mer, danger), et qui sont miraculeusement hors champ photographique. Tant est si bien que j’ai pas eu même le temps d’aller pisser. Donc sur cette photo sont finalement immortalisées les 30 secondes de répit que j’ai eu … pour pisser dans la mer.

C’est beau un moment de vérité non ?

:p

2 réponses sur “Les apparences”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.