[Tattoo stories – épisode 3]

Mater Dolorosa

Ce noble profil de femme sur ma cheville droite est un flash fait par @pasdeveine, tatoueuse lyonnaise hébergée chez @vivadolor.

C’est le 1er flash que j’ai pu faire et c’est aussi le premier tatouage qui s’est infecté.
Il faut dire que j’avais eu l’idée brillante de le faire faire la veille de trois jours de festival (il est devenu très rouge puis la cheville a triplée de volume, en plein Rock en Seine, c’était formid).

Au final j’ai préféré le laisser tel quel, avec la chevelure légèrement altérée. Il a été particulièrement douloureux à exécuter à cause des aplats noirs sur la cheville, c’est mon morceau de bravoure tatouesque #inkgirl#aie

(Photos toujours by @chloevollmerlo !)

A suivre

[Tattoo stories – épisode 2]

Mon bras qui fleurit progressivement

Ce Tatouage sur le bras gauche a démarré en 2015 et n’est toujours pas fini, mais c’est fait exprès. J’ai commencé d’abord par un système de fleurs (des pivoines pour être précise) tatoué par @alysondacher chez Black Horn Tattoo. J’étais contente de faire travailler une femme et dans mon quartier de l’époque, Jean Macé. Depuis, Alyson a ouvert son propre shop, boulevard des Brotteaux, et je l’ai suivie.

C’est pour moi un choix à la base purement ornemental, j’aime l’idée du work in progress, que le bras se remplisse progressivement, comme un fleurissement naturel. Même si j’avoue que maintenant j’aimerais le terminer, rapport au fait qu’il a démarré il y a maintenant 5 ans.
Rétrospectivement je pense que ce n’est pas très facile pour les tatoueurs que de faire une pièce en plusieurs fois, surtout qu’en l’occurrence, je sais que je vais le terminer avec une tatoueuse différente de celle avec qui je l’ai commencé.

Cette démarche progressive m’a permis de bien réfléchir à la manière dont je voulais que mon corps soit « exploité ». Car c’est aussi bête que ça, mais on a qu’un seul corps (méga scoop, j’en conviens), il ne faut donc pas se planter sur les usages que tu en fais d’un point de vue esthétique. Les questions d’équilibre et d’harmonie sont cruciales, il faut savoir et pouvoir prendre un peu de recul, ce que permet l’itération.

En l’espèce, sur ce bras gauche, il y aura eu 4 phases : (1) un premier bloc de pivoines, (2) puis les deux chats et encore des fleurs, (3) puis un petit poisson et pour finir (4) inch’allah bientôt encore des fleurs et autres ornements.

Mon bras, c’est vraiment pour moi le marqueur de mon immersion dans ce « loisir » un peu particulier. Il est un peu bordélique, mais il raconte beaucoup de choses, de par les symboles que j’y ai inséré au fil du temps.

Les Photos sont toujours de @chloevollmerlo !

A suivre ….

[Tattoo Stories – Episode 1] – Le premier d’entre eux

[Cette petite série est issue d’une série de posts publiés sur Instagram. Je la pimpe un peu au passage.]

Je profite de l’effet conjugué de mon absence totale d’actualité (merci le covid) & de jolies photos disponibles (merci @chloevollmerlo) pour lancer une petite rétrospective de 5 années de pratique tatouesque.

Le premier d’entre eux a été fait le 30 décembre 2014 chez Guicho Tatouages à La Rochelle. C’est un lettrage hommage à mon premier rôle modèle, Benoîte Groult (voir lien plus bas sur cette histoire).

Il n’a pas pris une ride, pas bougé.

Petits liens qui vont bien :

::  le tatoueur

:: la photographe

:: Ainsi soit elle de Benoite Groult, le post où je racontais cette rencontre, bien avant de passer à l’acte du tatouage

A suivre …

#faitesdesgosses ou la parentalité les pieds dans la glaise

Aux belles et prolixes heures de ce blog, dans les naissantes années 2010, je consacrais beaucoup de mes récits et échanges à la découverte de la parentalité. Un certain climax avait été atteint en 2011, quand j’avais donné mon avis sur quelques techniques de maternage en vogue à l’époque. (C’était grave parti en sucette dans les commentaires, le bon vieux temps.)

Les Taz (surnom collectif pour les Diables de Tasmanie, et je peux vous garantir qu’ils méritent totalement et amplement ce raccourci) sont nés respectivement en 2007 et 2011, et depuis lors, enchantent autant ma vie qu’ils la pourrissent. Enfin c’est un peu plus subtilement pénible que cela. Disons plutôt qu’au fur et à mesure qu’ils grandissent, le ratio émerveillements / emmerdements se dégrade grandement. Qu’on ne se méprenne pas, je suis la première fan de ma progéniture (sans doute la seule, parfois), que je trouve bien plus rigolos et bien plus beaux que ceux des autres.

(Petite illustration de mes enfants, quand ils me font rire.)

Pour autant, je ne peux que comprendre que certain(e)s renoncent à exercer ce mandat. Car c’est une aliénation, c’est déjà ce que j’avais compris en 2011 quand je critiquais les injonctions du maternage (financière évidemment, mais aussi intellectuelle, affective) et une source d’intranquilité majeures. Bref, faut avoir les reins solides. Et pas que les reins. Je recommande aussi d’avoir un minimum d’entourage familial et / ou amical bienveillant (= comprendre, à qui pouvoir fourguer les enfants à intervalles réguliers et à moindre frais) et d’avoir un socle minimum de valeurs communes avec votre conjoint, histoire de se serrer les coudes au moment où il s’agit de franchir quelques obstacles éducatifs et / ou familiaux un peu corsés.

Dans ces années 2010 (celles du spectacle de Florence Foresti, « Mother Fucker ») on était un petit nombre de « mères indignes », assumées comme telles. Je pense à celles qui sont aujourd’hui encore en activité sur les réseaux et / ou dans mon 1er cercle, Alexandra So Provincious, Murielle Mère Bordel, Nadia Daam qui oeuvrait aux Maternelles, Caroline de Pensées de ronde, etc. J’ai été assez fière – et je le suis encore – d’assumer ce visage de la parentalité imparfaite, vaguement névrosée et totalement consciente de ses limites. J’ai également tenu cette posture dans ma vie professionnelle, et j’ai essayé d’agir (individuellement et collectivement) pour que l’on puisse (au sein de mon entreprise) avoir une carrière professionnelle digne d’intérêt (c’est-à-dire, dans mon acception, avec des responsabilités et une rémunération attractive) tout en étant mère. Et clairement, ça n’est pas une sinécure. Pas seulement parce que le patriarcat est encore prégnant et les conseils d’administration / comités de directions monopolisés par les mêmes mâles blancs de + de 50 ans. Aussi parce que bien souvent, nous sommes ( les fâammes) nos propres fossoyeurs, avec les coups de pelles classiques : autoflagellation et culpabilité parentale côté perso, dénigrement et sentiment de l’imposteur / passager clandestin côté pro.

Avec le confinement, et la présence de notre progéniture H24 à nos côtés, la team parents a eu l’occasion d’éprouver quelques vérités parfois oubliées ou mises sous le tapis. Parce que parfois, il faut le dire, nos enfants (les miens en tous cas), sont des plaies. Et en quelques semaines (quelques jours pour les + clairvoyants / les – patients / ceux qui ont les exemplaires les + relous), on a eu le temps de constater, entre consternation et exaspération, quelques petits « irritants » comme on dit dans ma boutique :

  • L’enfant est comme un nonagénaire en maison de retraite : faut lui servir à manger à heures fixes (et lui dire le menu des repas en amont), sinon ça gueule. Autant te dire que quand tu te creuses pour varier les repas, à raison de 2 repas par jour, 7 jours sur 7, au bout de 6 semaines, soit donc 84 repas, et que ça râle encore (« keuwaaa, encore du poulet ?! on peut pas avoir un kebab ? ») tu en as juste …. plein le dos.
  • L’enfant en posture d’écolier / de collégien, a la capacité de concentration d’une huître et la persévérance d’un bulot (ou l’inverse ?). Dès qu’il ne comprend pas un énoncé, une question, il accourt vers toi, la feuille chiffonnée dans une main, le doigt levé et la mine chafouine de celui qui a rien pigé. Sauf que tu te rends compte, dans 3 cas sur 4, c’est pas un souci de compréhension (il est pas si couillon que ça). C’est juste une grosse FLEMME. Et qu’il a le secret espoir qu’à force d’usure, tu lui fasses son exercice à sa place. La tentation du coup de pied au cul n’est pas loin. En attendant, tous les soirs, tu tricotes une petite médaille virtuelle au corps enseignant, qui se coltine habituellement ta marmaille tire au flanc et distraite. Et tu pries pour un retour rapide à la continuité pédagogique, dans la salle de classe, avant que tu ne commettes l’irréparable.

(Petite dédicace tout de même à la prof de SVT qui nous a bien régalés avec le programme sur l’appareil reproducteur. J’ai été RAVIE de faire tracer cette splendide courbe sur l’évolution du poids des testicules d’un homme au cours de sa vie. Ca remet plein de choses en perspective, si si si.)

La liste pourrait être longue, plus ou moins drolatique, mais on la retrouve un peu partout désormais sur les réseaux sociaux, sous différentes formes, cette plainte sourde du parent à bout de patience, qui se demande ce qu’il a bien fait au bon Dieu (ou à Blanquer) pour mériter ça. Alors parfois, quand tu as envie de te couvrir la tête de cendres parce que ton enfant t’a encore fait honte, ou de te mettre la dite tête dans le four, parce que tu es au bout du nem, n’oublie pas que tu n’es pas seul(e). La team parents, bancale et bordélique, mais bien décidée à survivre au Covid-19 ET à l’ adolescence (je ne suis pas certaine de pouvoir trancher sur lequel des deux est le plus nocif), est là pour toi, et elle t’aime.

20 ans

C’est bien pratique un blog, surtout quand il est vieux (comme sa proprio, je vous entends au fond de la salle). J’ai pu ainsi retrouver le post que j’avais écrit il y a 10 ans pour dire « wolala, quelle aventure, 10 ans que je bosse ici ! ». Un battement de cils et nous voilà à 20, bordel à mille queues.

J’ai retrouvé une photo qui date de l’époque, où j’avais déjà procédé à quelques expériences capillaires discutables, en l’occurrence un roux sombre, et une frange bien droite et raide, sur des cheveux qui descendaient jusqu’aux reins. Il y a 20 ans je fêtais mes 22 ans, et j’entrais fièrement et sans traîner dans le monde du travail. Fièrement parce que je viens d’une famille où la valeur travail a toujours été valorisée, surtout pour l’indépendance et l’autonomie qu’elle permet, en particulier quand on est une femme (sur le refrain seriné ad nauseam « ne sois jamais dépendante d’un homme, ma fille »). Sans traîner parce que j’avais deux frère et soeur derrière moi, et qu’on m’avait bien sensibilisée au fait que 5 ans d’études, c’était bien, parce qu’ensuite, c’était à leur tour.

Je ne sais pas si on peut à ce stade parler de résilience ou de résistance, mais 20 ans, clairement, je ne les ai pas vu passer, même si j’ai justement passé une bonne partie de l’année 2019 en coaching pro, dit de bilan de carrière, à revisiter ces années de vie professionnelle. C’est un exercice enrichissant, mais c’est un exercice (comprendre que cela demande un minimum d’investissement et de temps) et il est parfois éprouvant. Parce qu’il convoque pas mal de rétrospective, et parfois c’est un peu l’angoisse, de matérialiser la modestie de certains accomplissements (pour ne pas dire la vanité). Mais comme tout bilan, il permet de remettre les choses en perspective, et de se dire que finalement, on a fait deux ou trois trucs pas déconnants. Dans mon cas, il n’y a pas eu de révélation christique, je n’ai pas eu d’envie de réforme en mode tabula rasa (« mais bien sûr, pourquoi j’ai fait la consultante pendant 20 ans, ce que j’aime, c’est les fleurs et les jolis bouquets, et si je devenais fleuriste ? « ). Mais j’ai pu mettre des mots sur certaines limites et croyances toutes personnelles, et commencer à tracer un chemin (pour ne pas dire un sentier un peu broussailleux) pour ce qu’on appelle pompeusement ma seconde partie de carrière.

Evidemment, alors qu’on entame dans la joie et l’allégresse la 4ème semaine de confinement liée à la pandémie de Corona Virus, mon 20ème anniversaire au sein de la « feurme » comme je l’ai souvent appelée ici, prend une teinte un peu étrange, pour ne pas dire surréaliste. Je me dis que c’est exactement le genre de période, mi molle mi anxiogène, où tu dois avoir l’occasion de faire tourner dans ta tête ton attachement tout relatif à ta boîte, ton emploi, voire le concept même de travail. Dans mon cas, le coaching m’a permis au moins cela : remettre le travail à sa juste place, lui reconnaître des avantages, en mesurer les limites, et n’en attendre pas trop. Même si, dans l’adversité de la crise, l’édifice se fissure, laisse apparaître des failles (plus ou moins grandes / critiques). Le confinement est par ailleurs en train de me donner au moins une grande leçon (que j’avais déjà plus ou moins touché du doigt pendant mes congés maternité) : je ne suis absolument pas faite pour être femme au foyer, encore moins pour faire la classe à des enfants (et encore moins les miens), mais je garde ce volet là pour une prochaine diatribe vénère.

Ma prochaine target professionnelle : me faire décorer de la médaille du travail o// (parce que je le vaux bien).

PS : j’espère aussi que j’aurais une médaille pour mettre au cou lors de la cérémonie <3

Soudain le confinement

Jusqu’à il y a peu, j’ai toujours été d’un grand conformisme sociologique et / ou sociétal. Je suis la parfaite ménagère de 50 ans, je suis d’une grande prédictibilité statistique. Cette croyance je l’ai toujours corroboré par les faits, jusqu’à l’âge ma foi peu canonique de 36 ans. Cette année là (2014), le cours de la vie (de la mienne) a vaguement dérapé, puisque j’ai appris que désormais j’allais cohabiter avec un ennemi intime et difficilement dé-logeable, la maladie de Parkinson.

Depuis lors, je ne puis plus guère me prévaloir d’être une personne lambda. C’est pas pour me vanter, et c’est loin d’être toujours évident ou enviable, mais ma vie et mon quotidienne ressemblent souvent / parfois à la boîte de chocolats qu’évoque Forest Gump dans le film éponyme : tu sais jamais dans quoi tu vas croquer. Parfois c’est assez amer. Voire franchement pas bon. Mais c’est ainsi que mon conformisme, mon attachement aux règles et à la norme sous toutes ses formes, à la prévision et à la normalité apprennent un art subtil : le lâcher prise.

A mon sens, le lâcher prise est une forme dégradée de stoïcisme. Lâcher, ce n’est pas de la lâcheté, au contraire. C’est être suffisamment humble pour reconnaître que certaines choses nous dépassent et qu’il est impossible de les contraindre ou les distordre. Dans ce cas, rien ne sert de tempêter, de se braquer ou de faire des moulinets dans les airs en prenant un air pénétré (spoiler : personne n’est dupe). Gardons notre calme et agissons sur ce qui est à notre portée.

Autre « avantage » comparatif que me donne ma pathologie sur mes homologues bien portants, le confinement, pour moi, c’est finalement pas une nouveauté, notamment le côté distanciation sociale. Pas que je sois contagieuse (heureusement pas), mais clairement, de temps à autres, quand les blocages se font trop nombreux (blocages = absence de réponse de certaines de mes capacités motrices, qui me privent de la marche, mais aussi de toute motricité fine), hé bien je me retire du monde des vivants. Pas très longtemps (même si beaucoup trop évidemment à mon goûtà, juste le temps que la médecine moderne fasse effet et que je puise à peu près reprendre le cours de ma vie.

Toutefois, je resterais modeste quant à la relative zénitude que je peux afficher en surface vis à vis de cette pandémie. Parce qu’il me reste au moins deux sujets d’inquiétude majeure, que je partage bien volontiers avec les 3 lecteurs qui restent encore par ici (n’hésitez pas à signaler votre passage ici par un petit signe dans mes comms, histoire que je m’assure que je ne cause pas toute seule).

  1. Combien de jours vont s’écouler avant que je ne commette l’irrémédiable, à savoir balancer un de mes deux enfants (voire les deux) par la fenêtre du 9ème étage ?
  2. Comment vais je survivre d’un point de vue capillaire, avec le confinement sans aller refaire mon blond chez un professionnel ?

Autant de sujets critiques que je laisse ouverts à la discussion et sur lesquels je ne manquerais pas de revenir s’il se confirmait dans les jours à venir qu’on va encore être quelques jours entre nos 4 murs.

Et évidemment, prenez soin de vous !

7 / 12 / 17 / 22

Il y a quelques années, il existait une espèce de blog collaboratif, où chacun pouvait participer à une œuvre commune.

Ça s’appelait « un jour dans la vie » et il fallait publier 4 photos datées respectivement de 7h, puis 12h, puis 17h et 22h. Chaque participant faisait à sa manière, plus ou moins inspirée, plus ou moins romancée, plus ou moins intéressante. Comme j’ai toujours été une diariste, le principe me plaisait, bien évidemment dans une version loyale du concept : donner à voir une tranche de vie, telle qu’elle est, au moment où tu fais ton arrêt sur image. 

Je ne pouvais pas m’imaginer que ces 4 chiffres reparaîtraient quelques années plus tard,  sous un forme moins guillerette mais bien réelle : je prends un traitement médicamenteux à intervalles réguliers. A 7h, puis 12h, puis 17h et encore 22h pour finir. Enoncé ansi, ça paraît être pas grand chose, des petits cachets à gober (discrètement si on peut), 4 fois par 24h. Détrompez vous, c’est un calvaire quotidiennement renouvelé, et dont je sais avec pas mal de certitude qu’il s’éteindra … avec moi. 

Cela fait quelques temps que j’ai le projet – follement audacieux – de ne pas laisser ma vie se faire dominer par ma maladie. Je suis bien certaine que l’écriture est une des clefs de cette reprise en main. Et l’extimité. 

7h / 12h / 17 / 22h. A l’essai.

Une année dans la peau d’une blonde

Il y a pile un an, j’assouvissais un de mes plus vieux fantasmes capillaires : devenir blonde. A 40 piges donc, il était temps (ou pas). L’aboutissement laborieux de longues années de tergiversations personnelles (ça t’ira pas), familiales (ça t’ira pas), et conjugales (ça t’ira pas), couplées à des refus d’obtempérer de la part de la corporation des artisans coiffeurs (ça vous ira pas, ça va vous bousiller les cheveux, et ça va vous coûter un œil, parce que ça va nous prendre des plombes à faire).

(J’ai retrouvé une de mes dernières photos en brune, que j’ai confronté à une photo « réaliste » de ma blonditude : avé les racines et le frisottis facile quand je ne prends pas le temps de faire un brushing)

Sur le 1er point, je n’épiloguerais pas, moi je trouve que ça me va, ou tout au moins ça me change de 40 années de brun, et pourquoi se priver de cette capacité à changer (même si ce n’est qu’en surface, en apparence) quand on peut le faire. Finalement la difficulté est d’ordre technique : quel type de blond choisir et comment l’entretenir dans la durée ? Parce que finalement, il n’y a pas un blond, mais plein d’options et variantes possibles, même si toutes ne te sont pas ouvertes quand tu es très brune.
Enfin petit changement, c’est un euphémisme. Entrer du côté de la blondeur, même en mode faussaire comme moi, c’est basculer dans un autre monde, où les relations sociales, le rapport à l’autre, qu’il soit mâle ou femelle, est profondément altéré. Si si si, je vous assure.

(Mes blonds favoris, à peu près)
(finalement j’aime bien les racines, j’avoue)

La vie d’une blonde n’est pas celle d’une brune, je vous le promets. Je ne suis pas érotomane (enfin pas tout le temps), et je n’ai pas la croyance que les hommes préfèrent les blondes (et il est fort probable que je sois mieux en brune). Mais c’est un fait, être blonde, c’est attirer plus de regards (parce que simplement les blondes sont plus rares dans l’espace public), et essuyer des comportements stéréotypés. Parce que c’est ainsi, une blonde, ça paraît plus doux, plus fragile, et on s’adresse à vous avec bien plus de précautions, quand ce n’est pas de la condescendance. Je l’ai observé 100 fois sur une année complète, dans plein d’environnements différents.

Pour ma part, j’ai surtout du adapter ma garde robe et la cosmétique. Avec mon gabarit, mes heures de vol et la décoloration par-dessus, l’effet « Styfler’s mom » (la mère de Styfler dans « American Pie ») est vite là, et ce fut clairement ma ligne de flottaison, mon point Godwin : éviter de basculer dans le vulgaire. Blonde oui, mais pas trop tapée si possible.

Il reste que si parfois mon propre reflet me fait encore sursauter dans le miroir, j’ai sensiblement modifié ma garde robe (fini le rose, les motifs et en particulier ceux fleuris, et tous les ornements un peu bling bling) et renouvelé le maquillage. En bref, le blond exige une certaine sophistication et finalement sobriété, ce qui n’est pas forcément mon penchant naturel … A titre d’illustration, moi qui adore les imprimés panthère, je n’y ai pas renoncé, mais j’y vais mollo quand même, parce que la parenté avec Amanda Lear est vite atteinte ^^

Last but not least, et là-dessus c’est la partie qui fait mal (mais les coiffeurs m’avaient largement avertie) : être blonde (et pas trop moche), c’est une putain de rente. Ça te coûte du temps ET de l’argent. Je donne quelques fourchettes (temps et prix), à ne pas prendre au pied de la lettre, parce que je privilégie et me permets de bons produits (donc onéreux) et de bons professionnels (donc très onéreux) mais je ne pense pas être loin de la vérité.

  1. La première fois, tu comptes 4 à 5 heures de taff, entre les deux décolorations (deux quand tu es très brune), les patines, et soins divers. Compter autour de 200 euros en moyenne (et ce à renouveler tous les deux ou trois mois, partant du principe que j’ai renoncé au blond parfait et intégral, qui me demanderait d’être chez le coiffeur toutes les 3 semaines).
  2. L’entretien quotidien est assez contraignant aussi. Un shampoing bleu une fois par semaine (pour éviter de jaunir), des masques pour hydrater, des soins après shampoing, un spray protecteur avant d’utiliser un sèche cheveux, une huile quand tu les exposes au soleil …. Comme ta crinière a bien ramassé avec les décolorations, il faut éviter l’effet paille, et y’a pas de miracle. Du temps pour les soins, et environ 80 euros de produits (de qualité) pour les dits soins.

Au final, je ne sais pas combien de temps je resterais blonde, mais je suis contente de l’avoir fait. Sur le chemin du retour au brun, il est fort possible que je me laisse tenter par une phase transitionnelle rouquine, dont je me réjouis par avance (oui j’ai des joies simples).

PS : je fournis toutes mes adresses (lyonnaises et parisiennes) et marques sur demande.

Looking 4(nite) Manuel

(Si tu comprends le titre de ce post avant même d’avoir lu la suite, fais moi signe, je te fais une place au chaud.)

S’il y a une chose que je n’avais pas prévu dans le parcours de la parentalité c’est bien l’apparition de Fortnite dans nos vies.
Gros soupir.
Si tu ne sais pas ce qu’est Fornite, je te laisse regarder cette vidéo. Tu vas rire (ou pas).

L’invasion des jeux vidéos dans notre vie ne s’est évidemment pas faite en un jour. Ce fut un processus progressif, je dirais même pernicieux. Quand j’en parle avec avec certains d’entre vous qui n’ont pas d’enfants (heureux et sereins les nullipares), ils me regardent avec des grands yeux ronds, avec une pointe d’apitoiement sur nos atermoiements de (mauvais) parents soumis à la dictature vidéaste.
Je me souviens de cette planche de Mafalda (ma bédé de jeunesse favorite), où cette dernière était scrutée comme un « bicho curioso » parce qu’elle n’avait pas la télé chez elle. L’équivalent de la télé dans les années 80, c’est la tablette ou la ps4. Si dans la cour d’école tu n’as pas accès à ces loisirs collaboratifs (puisqu’ils jouent en ligne), tu perds un gros pan de socialisation. Et clairement pour un animal social comme le fiston il est impossible de le priver d’un tel vecteur. En tous cas, on n’a pas su l’éviter à 100%, et on s’en mord les couilles tous les jours.
Tout ça pour dire que nous avons perdu la bataille Fortnite depuis quelques temps déjà. Ne nous juge pas.

Pour autant, ne perdant jamais une occasion de me coller dans une situation merdique, je me retrouve désormais engluée avec une blague toute pourrie, qui va me retomber sur le coin du nez à tout moment (comprendre, sous 6 mois à 2 ans, je pense). Je vous fais le pitch.
Lors d’une soirée où les enfants traînaient leurs guêtres autour de la table d’apéro (pire erreur, avoir des conversations entre adultes quand des oreilles innocentes ET curieuses traînent autour), nous dissertons à bâtons rompus des jeux vidéos. C’est alors que l’héritier et ses potes se mèlent à la conversation et nous demandent d’un ton badin si quand même on connaît pas des « vieux comme vous » qui jouent à Fortnite. Et là mon cerveau ne filtre pas les réponses comme il aurait dû, et je sors très naturellement : « Si ! je connais une personne qui joue à Fortnite et qui a mon âge, il s’appelle Manuel Ferrara.

[Petite pause Wikipédia si tu es une personne innocente. Manuel Ferrara a effectivement mon âge, il exerce la douce profession d’acteur dans le monde du cinéma pornographique. En dehors de visionner de temps en temps des extraits de ses meilleures performances, je le suis sur son compte Instagram tout à fait propret, sur lequel il diffuse notamment des petites stories, où on voit qu’il joue au basket et à Fortnite.]

Bien évidemment l’Héritier s’est engouffré dans la brèche et a insisté pour savoir qui est cette Merveilleuse personne qui partage sa passion. Prise de court et dans l’hilarité générale, je n’ai rien trouvé de mieux à dire que c’était un copain de lycée. Bien évidemment l’héritier a une mémoire d’éléphant, il me demande environ tous les 15 jours quand est-ce qu’il pourra écrire à mon pote Emmanuel Ferrara.
J’attends donc, tremblante le jour où il va faire une requête dans Google et connaître la vraie profession de mon pote de lycée.

Allez y, rigolez.


Bien entendu, j’en profite, si sur un malentendu, le bon et beau (et TTBM) Manuel F. venait à s’égarer ici, il serait bien urbain de me couvrir au cas où. Bisous.

Ecrire, jour 1

De toutes les choses auxquelles j’ai renoncé au fil des années, s’il y en a une clairement que je regrette, c’est l’écriture. J’ai 40 ans et j’ai longtemps une diariste régulière, une pisse copie laborieuse, une correspondante prolifique, bref, une assidue de l’écrit.
Concours de circonstances, quelques qu’elles soient, je vois bien que l’écriture me manque. Et la trace qu’elle me permet de laisser, sur le temps et le récit intime. Alors on va décrasser la machine et s’y remettre.

Jour 1, les bonnes résolutions de la nouvelle année, suite au bilan de l’année qui meurt. Fut un temps, j’adorais ces périodes à la fois bilantielles & prospectivistes.

Aujourd’hui, ma foi, je me dis que vivre, c’est déjà un bon début <3