Femme à lunettes …

… femme à petits yeux.

BANDE de P’TITS COCHONS.

Le livre est déjà écrit, il s’appelle « le monde à peu près« , mais il caractérise bien ce qu’est la vie sans correction (de ma myopie) : un grand flou. Avec moins 11 à chaque oeil, autant dire que je ne distingue pas l’expression d’un visage à 3 mètres de moi. Si si si. Autant dire que y’a moyen de perdre des amis dans l’histoire (on s’est croisés en ville hier ? aaah non je crois pas nan).

C’est un handicap (appelons le comme ça) que je me traîne depuis mes 8 ans, et qui s’est lourdement aggravé jusqu’à mes 25 ans, période à laquelle j’ai arrêté de perdre des dioptries (des points de vision). Mais qui me valent des lunettes en verre cul-de-bouteille assez croquignolesques. J’en ai vu de toutes les couleurs, de toutes les formes, mais plus la myopie s’aggrave, moins tu as le choix des montures. C’est proprement dramatique d’un point de vue esthétique.

Heureusement, je supporte les lentilles. Souples et maintenant rigides, ce qui me permet la plupart du temps de vivre à peu près comme tout le monde.

En ce moment, je me traîne une infection à l’oeil gauche. Sous antibiotiques, je suis privée de mes précieux yeux en plastique pendant 6 jours. Ca tombe bien, j’étrenne une nouvelle monture.

Je vous mets la photo « sans », histoire de mesure l’écart.

Mais bon, la myopie, ça a son charme. Moi ce que j’aime par dessus tout, c’est les enlever, mes prothèses.

Et pouvoir passer de la netteté au flou, je trouve ça toujours magique. Rien de plus reposant que de ne pas voir le monde, ou juste un peu, dans une gangue de coton. C’est tout flou, apaisant, toute cette imprécision. Il suffit de ne plus voir pour qu’un mal de tête s’éteigne, pour que les sons s’amenuisent, et que le monde se mette en sourdine, et vous foute un peu la paix. Vraiment extraordinaire. Parfois, quand je m’endors avec mes lentilles, je me réveille toujours en sursaut. Quelle violence que d’ouvrir les yeux et de découvrir tout avec précision. Pour moi, le vague, l’à peu près, c’est un sas, une soupape de décompression.

Ah bien sûr parfois, ça joue des tours. Tout est plus beau, plus doux aux myopes. La correction vous en flanque une parfois, de correction (genre après une nuit avec un quasi inconnu, qui est beaucoup moins glam une fois les lunettes réajustées).

Et bien entendu, Gotainer à la rescousse (j’ai tous ses tubes sur mon popod, ce mec est mon dieu).

« Pour bien faire il faudrait les essayer ». Depuis le temps que je m’escrime à le dire ….

Et juste pour le plaisir, un petit coup de saaaampa.

Et allez, la ballade de l’obsédé.

Pour moi, Gotainer, c’est le précurseur d’Elmer Foot Beat. C’est dire si c’est quelqu’un d’important.