Albertine – 1979

Ca ne m’arrive pas souvent, de débarquer dans une salle de cinéma sans rien savoir du film que je vais voir. Là c’est ma frangine, Kekette (sois en encore remerciée) qui me l’a vendu. Elle a pas eu à insister fort, parce que j’aime beaucoup Julie Delpy, depuis « Two Days in Paris ».

« Le skylab » est un petit flash back, Julie / Albertine se remémore une journée en famille de la fin des années 70 chez sa mamie en Bretagne. Ca n’a aucune prétention, mais c’est très sincère, émouvant et terriblement nostalgique. Je pense que ceux qui comme moi sont nés avant 1980 (coucou les vieilles branches, ça va, l’arrivée dans la quarantaine se prépare bien ?) y retrouveront quelques odeurs de leur enfance. La vie de famille, les tables en formica, les plans dragues maladroits en surboum, les couleurs saturées de marron, orange et jaune et moutarde, les cousines bêcheuses, Joe Dassin, les jeux de mains avec les cousins, les féministes, le tonton qui sucre les fraises, le disco, les premières ragnagnas, les anciens de l’Indo et de l’Algérie, les discussions politiques avinées de fin de repas de famille, etc.

(Je vous dirais presque de ne pas regarder la bande annonce, elle en dévoile déjà beaucoup, comme souvent.)

Autre grande qualité du film, sa distribution. Grand plaisir de retrouver Julie Delpy, Eric Elmosino (méconnaissable) dans le rôle des parents d’Albertine, Vincent Lacoste encore dans un rôle d’ado ingrat (mais qui score bien plus que dans « les beaux gosses« ), Noémie Lvovsky et ses incroyables poumons (et une de mes actrices favorites avec Karine Viard, j’aimerais d’ailleurs avoir le temps d’aller voir « l’Apollonide« ), et tout une bande d’acteurs très bons dans une galerie de tontons et tatas très réussie (encore une fois Valérie Bonneton épatante quand elle se plaint de son para de mari, qui la prend « 20 fois par nuit » et qui trouve « que ça fait beaucoup quand même« ).

Si vous avez besoin d’une petite madeleine (avec un personnage qui s’appelle Albertine, c’est facile hein) et de rire doucement dans votre fauteuil (vous, vous aurez peut être plus de chance que moi et n’aurez pas à votre gauche mon frère qui grignote du pop corn tel un écureuil sous cocaïne), courrez y.