Maman travaille, les grands-parents aussi, merci à eux

Mercredi, c’est le jour des grands-parents pour l’Héritier et la Dauphine. Parce que mon 4/5ème, figurez vous, dans mon grand égoïsme, il est pour MA POMME. Je le prends le vendredi, je fais mes petites affaires, pour mieux profiter des enfants le WE (par petites affaires, j’entends 80% de merdes ménagères, administratives, et logistiques, et 20% de glandouille, shopping, esthéticienne, piscine).

Mercredi, on met les enfants dans la voiture, et ils passent leur journée à 15 minutes de chez nous en voiture, chez leurs grands parents jeunes, vaillants et disponibles retraités, AKA Picha (la Reine Mère) et Pépère (mon père). C’est une journée TRES ritualisée, surtout pour l’Héritier, car les enfants, c’est connu, c’est comme les vieux, aiment par dessus tout les repères et les traditions.

L’Héritier va chercher le pain et le journal avec son Pépère, il a le droit à une revue, souvent, et une sucette, toujours (si ça vient pas tout seul, il réclame, c’est un garçon pragmatique). Ensuite il va apprendre à jouer au tennis avec son Pépère, au club, avec d’autres enfants, avant de rentrer déjeuner. Il faut qu’il mange SYSTÉMATIQUEMENT du saumon, du riz, et de la sauce (celle à la moutarde). Il a le droit à un dessert ET une « carotte » (=> un chocolat, une friandise, récompensant le bon comportement à table, sinon c’est trois petits coups de bâton). Après la sieste, il joue dans la véranda avec son grand-cousin, ou fait le jardin avec sa Picha (j’ai déjà eu quelques fruits de ces plantations, quelques fraises et des tomates cerises, poussées en plein Lyon 3ème, la classe), ou va se râper les fonds de culotte au parc (pendant ce temps, Pépère reluque les jeunes mères de famille, il m’a confié beaucoup aimer aller au parc avec mes enfants, mon père c’est Pervers Pépère). Le soir, quand il est un peu fatigué, il a le droit d’attendre le retour de Papa / Maman en regardant un dessin animé. Quand on les récupère, on a le droit à ce récit quasiment invariable, raconté par les deux parties. C’est toujours la même chose, à quelques variantes osées (pas de sieste mais un temps calme, une virée au grenier fouiller les vieux jouets car il fait trop froid dans le jardin, etc), mais c’est un récit heureux et réconfortant, même et surtout quand on était soi-même toute la journée avec une équipe de casses-couilles.

Mes enfants passent pas mal de temps avec mes parents. Ces mercredi. Et puis des soirées, quand l’un ou l’autre des parents (voire les deux) sont en déplacement, des bouts de WE quand on veut faire une sortie, un truc entre adultes consentants (restau, ciné, concert, etc). Depuis 4 ans, ils n’ont JAMAIS été gardés par une baby-sitter. Ca nous fait de sacrés économies, certes. Mais surtout, c’est un vrai réconfort pour moi, et une forme de dé-culpabilisation. Car il est vrai qu’en ce me concerne, avoir des enfants n’a pas été un renoncement ou un sacrifice, mais un bonheur supplémentaire (sauf les jours où ils me vomissent dessus, mais je m’égare). Je n’ai pas renoncé à travailler (ceux qui suivent ce blog de longue date ont vu quel dragon ménager je pouvais être en congés maternité), ni même à me déplacer (et ça heureusement, car je déteste être toute la semaine au bureau), même si j’essaie d’optimiser plus que par le passé.

Cet équilibre je le dois au premier chef à mon couple, à la manière dont les tâches s’équilibrent et se répartissent entre l’Epoux et moi (même s’il n’est pas parfait, on peut dire que chacun y met du sien), mais aussi à mes parents (et beaux parents, même s’ils sont moins présents dans le quotidien compte tenu de l’éloignement géographique). C’est la réflexion que je me faisais alors que se déroule aujourd’hui la première journée des femmes actives (à suivre sur twitter avec #MamanTravaille), et que toutes autour de la table et dans la salle se posent le même type de questions : comment travailler sans renoncer à voir / profiter / éduquer ses enfants, comment gérer tout de front sans friser l’épuisement ou le burn out, comment évoluer professionnellement en étant mère de famille, comment partager les tâches entre conjoints, etc.

Dans mon cas, l’équilibre et la « réussite » du modèle tient donc beaucoup à cet écosystème familial que nous avons construit en vivant en région, et proche de nos familles. Sans l’aide des grand-parents, je le sais, tout serait plus compliqué, plus coûteux, plus culpabilisant. Car autant je vivrais assez mal voir mes enfants en nourrice / baby sitting prolongé lors de mes déplacements, autant je sais que quand je ne suis pas là, ils sont pris en charge et choyés par des gens qui les aiment profondément et agissent avec amour et attention avec eux. Je ne vis pas la présence des grand-parents comme une concurrence, une menace dans ma relation à mes enfants, mais bien comme un soutien précieux, affectueux et bienveillant.

Dans mon expérience, c’est un truc très émouvant à voir, chez ses parents, l’amour et l’intimité qu’ils développent avec leurs petits-enfants. C’est un lien privilégié, fait de beaucoup de complicité et d’affection Si je m’attendais à ce que ce soit le cas avec la Reine Mère, qui a l’instinct maternel bien ancré (et me casse bien les ovaires des fois avec ses 1.001 recommandations de puériculture datées de 30 ans), ça a été la révélation avec mon cher Papa, qui s’est révélé un étonnant Pépère (en vrai il voulait se faire appeler Grand Père, comme son père avec nous, mais les lois de la diction enfantine sont implacables) gâteux. Voir la Dauphine (c’est le cas de l’Héritier aussi) tendre les bras pour se faire porter par son grand père, dès qu’elle le voit, me fait littéralement fondre. (Lui même n’étant plus qu’une flaque à cet instant.)

grandsparents

(Oui la Dauphine est très photogénique, et d’autres fois, moins. Ça dépend si elle a la mèche bien peignée sur le côté ou pas, entre autres.)

Tout ça pour dire, après cet aparté familial d’une grand mièvrerie, que l’équilibre vie privée / vie professionnelle, pour ma part, je ne vois pas comment j’aurais pu le réussir aussi bien sans être aidée que nous le sommes (le cul bordé de nouilles ça s’appelle), et je plains beaucoup ceux qui ne peuvent compter que sur leurs petits bras de parents débordés pour assurer toute l’intendance familiale et professionnelle. C’est une tâche colossale et épuisante, je leur tire mon chapeau. De mon côté, je serre fort contre mon coeur mes parents, qui sont de grands pudiques, et à qui jamais je n’oserais faire de telles déclarations IRL.

(Au passage, ceci me permettra de tester la promesse de la Reine Mère de ne jamais se pointer par ici.)