Speed dating for job

Comme vous le savez, au taff, je suis indispensable de tous les plans looze. Là j’ai accepté de faire passer des entretiens pour des aspirants stagiaires issus de grandes écoles. C’est en mode collectif, session d’accueil, ils sont 50, ils passent des tests (maths, personnalité, …) dans tous les sens, plus des entretiens individuels (dont avec ma pomme).

Je vous ai déjà raconté mes petites divergences de vue avec les méthodes de recrutement actuelles ( et ), hé bien laissez moi vous dire que la tendance 2010 est loin d’aller dans mon sens.

Je ne résiste pas au plaisir de vous restituer quelques uns des rappels des instructions qui m’ont été faits par écrit.

« Restez positivement neutre vis à vis du candidat »

OK. Positivement neutre. J’ai pas compris. J’ai pas le droit de dauber, OK.

Pas le droit non plus de m’extasier, ou alors de manière neutre ?

« Le cocktail n’est pas une formalité : il fait partie de l’aspect séduction et image de marque »

OK. Ca tombe bien, j’ai fait péter la robe honteusement courte de Comptoirs des Cotonniers (en fait, je crois que j’ai un trop gros … postérieur pour les modèles de cette marque, n’importe quelle robe d’une longueur tout à fait normale se transforme en appel au viol sur moi) (mais j’ai eu moins 40% dessus) et les talons aiguilles. Ca va saigner.

Allez-y monsieur, prennez place, et présentez moi vos 3 qualités et 3 défauts principaux et calculez moi le BFR de cette petite société de sous traitance automobile. On va vachement rigoler. Oh oui.

(J’en suis fatiguée par avance, 1 toutes les 25 minutes, bonjour le rythme.)

Breaking news : faut que j’arrête de me plaindre d’avoir un gros boule (ou alors me mettre au sport, ok), il paraît que de toutes manières c’est bon pour la santé. Youhou !

Les dessous chics

Hier j’étais en formation. Et en grande forme. Show must go on hein ….

Techniques de recrutement. Oui oui oui. Au moment où toutes les embauches sont gelées, ça me paraissait effectivement fort approprié.

Parce que figurez vous que je suis une recruteuse. Du genre pas commode paraît-il (me disent les gens qui ont ensuite intégré mon équipe). Et qui avait donc besoin d’être formée aux nouvelles méthodes. Il faut dire qu’il n’y a pas longtemps, j’ai sué à grosses gouttes lors d’une séance. La candidate – à qui je demandais en fin d’entretien si elle avait des questions complémentaires – me dit « ah oui, j’ai vu en cherchant sur internet que vous aviez publié un article … (là je pense que je suis passée par toutes les couleurs de l’arc en ciel, en me demandant en accéléré « bordeeeeel de couille comment elle a pu tomber sur mon bloooog ???? ») … sur l’évaluation de la politique de la pêche dans les régions ultrapériphériques (ouuuuuuf, c’est vrai c’est de moi ça aussi), et gna gna gna, est ce que cela entrait dans le cadre de … »

Non mais …. T’y crois toi que maintenant les candidats ils te passent à gougueule avant de se pointer en entretien ? Manquerait plus qu’ils tombent sur mon fesse bouque où je suis en photo avec mon serre-tête avec des antennes en forme de bite, ça serait du meilleur effet.

C’est beau la modernité.

Bref. Le chargé de recrutement nous explique que les techniques ont changé, et qu’il est terminé le temps où l’employeur potentiel était là pour tester et déstabiliser le candidat. Que nenni. Maintenant on est dans la séduction, faut plaire, faire envie, mettre à l’aise et en confiance, pour qu’on puisse les laisser montrer le meilleur d’eux-mêmes. Tiens donc ?

Alors là j’ai commencé à tiquer. Parce que c’est pas pour jouer les vieilles connes (même si je le fais assez bien, j’avoue), mais moi les candidats j’ai rarement à les mettre en confiance, tellement je trouve qu’ils sont hyper détendus du string. Il est bien fini le temps où ils annonaient leur CV, les yeux comme une biche dans les phares d’une voiture, perdus, bégayants et transpirants (comme toi il y a 10 ans quoi). Certains – et pour ne pas les citer, les jeunes recrues d’écoles de commerce de haut rang – limite si tu les laissais faire ils s’assoient sur tes genoux et te claquent une bise en partant. Alors les mettre à l’aise, oui mais pas trop hein. Et quant à les séduire … Bref. Faut pas leur sucer la bite aussi (ais-je pensé très fort).

Mais finalement vu la suite, j’aurais pu tout de suite vider mon sac ….

En fin de séance, j’ai vraiment pu mesurer le fossé qui nous séparait, le recruteur-formateur et moi, en matière de séduction. Je ne résiste pas au plaisir de vous restituer ce beau moment de ma vie de bureau.

Sasa : Et donc pour clôre l’entretien, comment on répond aux questions que le candidat pose, notamment en matière de rémunération ?

CR (pour chargé de recrutement) : Aaah la rémunération, tu bottes en touche.

Sasa (un peu ébahie) : Comment ça je botte en touche ? Je peux rien leur dire ? Pas une fourchette ? Pas de perspective ? Walou ?

CR (ferme) : J’insiste. C’est pas du ressort des opérationnels, tu renvoies aux RH.

Sasa (dubitative) : Et en termes d’éléments de séduction, tu trouves pas que ça va manquer, d’avoir quelques billes sur la rémunération ? C’est pas comme s’ils venaient travailler rien que pour mes beaux yeux.

CR (dans ses retranchements) : Non, ton entretien a vocation à vérifier sa motivation, tu dois séduire sur les équipes, les missions ….

Sasa (cherchant une dernière fois à faire valoir son point de vue) : Ben tu vois, moi j’y crois pas trop. C’est un peu comment si pour un rendez-vous galant, je mettais ma plus jolie robe, mais en dessous, des sous-vêtements pas coordonées, ou pire, une culotte défraichie et un soustif de maintien. Tu vois un peu la déception au moment de passer au lit !!!

La tête du formateur ….

La tête des autres formés ….

M’est avis que c’est pas demain la veille qu’on me sollicite à nouveau pour faire passer des entretiens de recrutement moi 😀